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Liberté, Laïcité… Fraternité pour un combat commun, par Birol BIYIK, conseiller Municipal PRG

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Birol BIYIK Conseiller municipal de Villeneuve-Saint-Georges – Musulman, Laïc, et pardessus tout Radical !

Liberté, Laïcité… Fraternité pour un combat commun

« Dans notre France moderne, qu’est-ce donc que la République ? C’est un grand acte de confiance. Instituer la république, c’est proclamer que des millions d’hommes sauront tracer eux-mêmes la règle commune de leur action ; qu’ils sauront concilier la liberté et la loi, le mouvement et l’ordre ; qu’ils sauront se combattre sans se déchirer ; que leurs divisions n’iront pas jusqu’à une fureur chronique de guerre civile, et qu’ils ne chercheront jamais dans une dictature même passagère une trêve funeste et un lâche repos.» (introduction au Discours à la jeunesse d’Albi de Jean Jaurès – 1903)

En ces jours difficiles « d’obscurantisme intellectuel » et d’appauvrissement de l’action politique, il est agréable de se remémorer un temps soit peu Jaurès en matière de laïcité. Ne subissons nous pas de manière insidieuse « la dictature de la pensée unique » qui souhaiterait instrumentalisé la laïcité selon les circonstances et ce :
– pour diviser et non rassembler
– semer le germe de la discorde en faisant flotter l’étendard d’une liberté de penser à protéger

Ne soyons pas dupe de ces discours frelatés car comme l’écrit Jaurés : « … la liberté, non pas comme une absurde faculté de pouvoir choisir entre des contraires, non pas comme une hypothétique indépendance de chaque individu mais comme la véritable base de l’égalité des hommes et de leur communion ».

Gardons à l’esprit qu’il n’y a pas de liberté sans égalités de droits entre tous les êtres humains. Tout individu n’est pas libre de faire tout ce qu’il veut, sa liberté est limitée par le respect de celle des autres :
liberté de pensée,
liberté de croire ou ne pas croire
liberté de vivre selon ses propres convictions qu’elles soient spirituelles ou non.

La laïcité est fondée non seulement sur la liberté de conscience mais aussi sur le respect égal et mutuel de toutes les personnes avec tout ce que cela implique de diversité. Ne la réduisons pas à un simple acte de tolérance de la différence et comme le dit si bien Jaurés :
« Nous ne sommes pas le parti de la tolérance – c’est un mot que Mirabeau avait raison de dénoncer comme insuffisant, injurieux pour les doctrines des autres – , nous n’avons pas de tolérance, mais nous avons à l’égard de toutes les doctrines, le respect de la personnalité humaine et de l’esprit qui s’y développe. » (1910 lors d’un congrès).

Cessons donc d’opposer ce qui n’a pas lieu d’être, d’être ces experts dont les compétences ne s’évaluent qu’à la hauteur de leur ignorance.
Ne voyez-vous pas cette boîte de Pandore qui s’agite sous votre nez, pourquoi vous étonner de ces votes extrêmes.
Il souffle un vent de croisade sur nos démocraties, une réminiscence d’un passé peu glorieux. Peu de chose pour créer des boucs émissaires…

Prenons un sujet au hasard… tiens l’Islam que l’on ne cesse d’opposer à la démocratie, à la laïcité. Cessons un peu de le voir comme idéologie politique, non pour en minimiser l’impact mais plutôt pour lui donner une place à part entière dans notre société comme élément d’émancipation spirituelle d’une partie de nos concitoyens.

Des voix s’élèvent pour dénoncer et rappeler que l’Islam considère les individus et les sociétés responsables de leur propre destin ; que tous les droits sont importants, et que le droit d’un individu ne peut être sacrifié dans l’intérêt de la communauté. L’Islam reconnaît le droit, et non pas la force, comme le fondement de la vie sociale.

Et comme le dit si bien Jaurés : « La démocratie n’est autre chose que l’égalité des droits. La laïcité suppose l’égalité de droit de toutes les convictions. »
« Quelque divine que soit pour le croyant la religion qu’il professe, c’est dans la société naturelle et humaine qu’il évolue. Cette force mystique ne sera qu’une force abstraite et vaine, sans prise et sans vertu, si elle n’est pas prise et en communication avec la réalité sociale. »

Alors au nom des valeurs républicaines et de la laïcité, cessons d’exclure et agissons.

« Celui-là seul est libre qui, non seulement a le droit, mais également la faculté et le pouvoir d’agir. » Jaurés reprenant Louis Blanc.

Birol BIYIK
Conseiller municipal de Villeneuve-Saint-Georges
Musulman, Laïc, et pardessus tout radical !

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